Goodbye Charlie

Charlie Hebdo incarnait, incarne encore, incarnera toujours les valeurs fondatrices de notre société: la liberté, l’égalité, la fraternité.

Avec un appétit de vivre qu’auraient salué les grands esprits éclairés d’autres siècles, comme Beaumarchais, lequel, “pressé de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer“, affirmait dans Le Barbier de Séville: “Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.” C’était en 1775.

Avec une impertinence et une liberté de ton digne des hommes et des femmes qui furent à l’origine de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Relisons-la. Et souvenons-nous: “la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme.” (art. 11)

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

Art. 3. Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Art. 5. La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

Art. 6. La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Art. 7. Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.

Art. 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

Art. 9. Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Art. 12. La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Art. 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Long live Charlie. 

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3 Responses to Goodbye Charlie

  1. Herve Fourtina says:

    Merci, Sophie. Tristesse infinie. Amities, Herve

  2. Christa Zorn says:

    Merci beaucoup! A shock for all of us and a moment to rember that the fundamental values of liberty, equality, fraternity have to be reclaimed constantly and at a high price.

  3. joellebrethes2014 says:

    Je suis fière de tous ceux qui se sont levés pour exprimer leur tristesse et leur colère devant cet acte d’une odieuse et lâche barbarie… Même s’ils étaient parfois d’un goût douteux, les dessins de ces surdoués de la satire tapaient juste et sans discrimination : politique, religion, excès et ridicule de notre société… J’espère en tout cas qu’il ne s’agit pas d’un simple feu de paille, et que beaucoup d’entre nous auront à cœur, dans un premier temps, de soutenir matériellement ce journal qui en a bien besoin… Bien à vous Joëlle Brethes

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